Opération annulée
Le projet de rapprochement qualifié de caduc
La Banque centrale populaire a enfin annulé le protocole d'accord qui entérine sa prise de participation dans le capital de la Marocaine Vie.
Signé en novembre 2007, ce protocole avait à la fois une dimension capitalistique qui permet à la BCP d'acquérir la moitié des actions détenues par le Groupe Société Générale via Sogecap, soit 43,54% du capital de la compagnie d'assurance. Et puis une dimension d'ordre commercial signalant l'arrivée de la BCP sur le créneau de la bancassurance.
D'après les clauses de mémorandum d'entente, le réseau des agences affiliées au GBP devrait commercialiser d'une manière exclusive des produits d'assurance de personnes de la Marocaine Vie.
Pour rappel, la finalisation de ce projet prévue au plus tard le 30 avril, sauf prorogation de commun accord, a été conditionnée par l'obtention d'un certain nombre d'autorisations, notamment celle de la Direction des assurances et de la prévoyance sociale (DAPS). Or les responsables de cette direction relevant du ministère des Finances affirment n'avoir pas été sollicités à ce sujet. C'est plutôt le décret de la Primature qui a fait défaut.
Car étant une banque publique, la BCP se trouvait dans l'obligation de recevoir une «autorisation particulière» sous forme de décret auprès du Premier ministre avant d'aller chercher le visa du régulateur du marché des assurances. Cependant, une question reste encore posée. S'agit-il d'un niet catégorique et irrévocable opposé par le gouvernement au projet de rapprochement entre la BCP et la Marocaine Vie ? Ou bien s'agit-il d'une nouvelle vision des choses apportée par le nouveau PDG du GBP, Mohamed
Benchaaboune ? Car, faut-il le souligner, il était tout à fait possible de proroger le protocole d'accord dans l'attente d'un éventuel décret.
Maintenant, quelle a été la réaction de l'
Assureur
suite à la rétraction de la BCP ? «Le projet tel qu'il a été prévu devient caduc. Nous respectons cette décision. On va envisager toutes les possibilités de développement du placement de l'assurance de personnes. Nous allons rester en veille par rapport aux opportunités du marché», répond Marc Duval, PDG de La Marocaine Vie, sans pour autant exclure la possibilité du réexamen du flux d'affaires de la BCP vers La Marocaine Vie. Autrement dit, la facette commerciale du partenariat a encore la chance de se concrétiser à l'avenir. Quant à l'impact que pourrait avoir le retrait de la BCP sur les résultats de la compagnie, par ailleurs cotée en Bourse de Casablanca, il paraît qu'au moins dans l'immédiat, l'
Effet
net est dérisoire. «C'est un partenariat particulier. Il s'agissait d'une joint-venture associant deux grosses banques. Par conséquent, la mise en place d'une gamme de produits de bancassurance prend du temps,» rassure Marc Duval.
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Un projet qui tombe à l'eau
Le projet capitalistique associant le GBP au groupe Société Générale devait se traduire par un modèle de gouvernance
original dans le domaine de la prévoyance au Maroc.
Le mémorandum d'entente prévoyait un mode paritaire et équilibré à l'issue d'une modification des statuts vers une structure duale à directoire et conseil de surveillance.
Les produits d'assurances de personnes que le GBP allait commercialiser devaient être conçus spécifiquement par la compagnie d'assurance.
Le protocole d'accord stipulait aussi le maintien du partenariat commercial
mis en œuvre et développé depuis 2001 entre la Société générale marocaine de banque et La Marocaine Vie, aux mêmes conditions que celles du partenariat mis en place entre la Marocaine Vie et le GBP.
Par Wadie El Mouden | LE MATIN Publié le : 26.05.2008





